mercredi 27 mai 2015

Coroico - La Senda Verde

      Le 3 mai, nous partons pour Coroico en minibus. La route est très sinueuse et pas toujours goudronnée, du coup toute la poussière entre par les fenêtres, on passe donc une bonne partie du trajet le nez dans nos écharpes!

   Le 4 mai, nous partons pour la Senda Verde pour notre volontariat avec les animaux. Nous prenons un taxi qui au bout de 15 minutes, conduit sur le côté gauche de la route. Il regarde nos têtes dans le rétroviseur et nous explique alors que nous sommes sur une partie de la route de la mort. Nous ne sommes pas rassurées mais heureusement nous ne tardons pas à arriver à la réserve.



Andy, le responsable, nous accueille et nous explique les horaires de travail, règles de vie et comportement à tenir avec les animaux, surtout avec les singes. Il nous informe sur les serpents, tarentules, chien méchant et surtout les chenilles venimeuses! Nous sommes très rassurées. Son discours n'est pas censé nous effrayer mais pour le coup, on se demande ce qu'on fait là! Nous rencontrons tous les autres volontaires, le groupe est très sympa et les gens ont l'air normaux et pas forcément habitués à travailler avec des animaux, ce que nous rassure! Une fille de notre dortoir nous explique qu'un rat vit dans le toit de notre chambre, on peut le voir à travers la grille mais il n'est pas censé pouvoir passer de l'autre côté, on a un sérieux doute... On a aussi droit aux cafards et aux draps et serviettes qui puent l'humidité à cause du climat tropical.
Pour que les singes puissent nous approcher et éliminer les parasites de notre corps qui pourraient les contaminer, nous prenons un médicament pendant 3 jours matin et soir. Pas d'effets secondaires à part notre pipi fluorescent !

     La première semaine, nous nous occupons des oiseaux: les perroquets et Sam le Toucan en cage et les Aras en liberté.
Andy nous fait faire un tour de la Senda Verde. C'est intéressant, on en apprend plus sur les animaux, il y en a plus de 400: oiseaux, tortues, caïman, singes, ours, Kinkajou, chat sauvage, coati, marmotte, Tyrus (on ne sait pas le nom en français), serpents.



Notre journée type consiste à nous lever à 7h pour assister au briefing. Nous allons ensuite nettoyer les cages: nettoyer le caca, les plateaux de nourriture et réservoirs à eau. Ensuite on leur donne à manger et là c'est l'excitation générale : ils sifflent, imitent nos rires et disent "Hola" ou "Oulala"! Le Toucan Sam est dans une cage à part car dans son habitat naturel, il mange des petits oiseaux. Ici son régime est plus strict, nous devons lui lancer la nourriture (fruits, œufs ou poulet) qu'il attrape au vol.



Nous prenons ensuite notre petit déjeuner entre volontaire. Nous sommes ensuite libre jusqu'à 12h30 pour redonner à manger à Sam. Puis nous recommençons la même routine que le matin pour nettoyer les cages et donner à manger aux oiseaux à 15h. Entre temps nous déjeunons et faisons des jeux pour les oiseaux (mandarine remplie de graines de tournesol).

On se retrouve ensuite tous pour le dîner et poursuivons par des films ou jeux de cartes avant d'aller se coucher.

Au bout de 3 jours, nous pouvons enfin approcher les singes et avons droit à nos câlins ! Trop mignon, on s'en lasse pas !

     La deuxième semaine, nous tournons entre les oiseaux, la quarantaine où se trouvent un oiseau arrivé depuis 10 jours. Les animaux en quarantaine doivent y rester 40 jours avant de retrouver les autres. Et aussi nous nous occupons des tortues, à qui nous donnons à manger et nous devons déplacer chacun d'entre elles (plus ou moins lourdes) autour de la nourriture. Il y a une centaine de tortues au total, de terre et d'eau, autant vous dire qu'on fait notre sport du mois !


     Durant ces deux semaines, nous avons des joies et des frayeurs. La porte de notre chambre a été forcé à maintes reprises par Tormenta (Tempête en français), un singe Capucin qui porte bien son nom! Elle rentre dans la chambre malgré les verrous et dévaste tout sur son passage, nous avons d'ailleurs perdu un produit anti-moustique qu'elle s'est pulvérisé sur elle-même, un clavier de téléphone qu'elle a mangé, elle a aussi mangé des cigarettes d'un employé et du maquillage d'un autre volontaire!



Nous avons chaque soir la visite du rat surnommé Ratatouille (évidemment) dans le toit, qui entre et sort par les même trous. Les même trous qui ont valu à Karlie (une volontaire anglaise), une petite douche par une nuit pluvieuse !
Nous avons aussi droit aux Aras, qui viennent devant la porte de notre chambre, essaient de nous bouffer les pieds dès qu'on essaie de passer devant eux! Dès qu'ils sont stressés, le blanc de leur tête devient rouge, autant vous dire que c'est le cas dès qu'on passe à côté!
Par temps de pluie, les singes sont surexcités et il est courant de les voir passer avec un rouleau de papier toilettes, une bouteille de Coca-Cola, des livres déchiquetés ou encore un téléphone portable (les personnes concernées ont quand même réussi à les récupérer)!



Nous sommes chacune notre tour allées voir Sasha, le chat sauvage dont la cage se trouve dans la zone des singes en liberté mais un peu plus dangereux car ils n'aiment pas les femmes. On s'en rend vite compte quand l'un deux nous saute dessus et nous tire les cheveux et mort l'oreille à Mae. Celia sera épargnée seulement parce qu'une autre femme aura droit au même sort à côté d'elle.
Nous étions aussi censées aller voir d'autres singes plus éloignés mais après cette expérience, nous nous défilons et on fait bien car Lindsay (Américaine) s'est fait mordre le bras jusqu'au sang. 


Nous avons l'immense peine de vous communiquer la mort d'un petit oiseau survenue lors de notre dernier week end de travail. Nous avons tout fait pour le sauver mais les vétérinaires n'ont rien pu faire. RIP petit oiseau.

       Le 18 mai, c’est l’heure du départ, nous faisons un dernier câlin aux singes (spéciale dédicace à Pimienta). Nous avons passé deux semaines supers enrichissantes pour nous comme pour les animaux et nous avons rencontré des volontaires supers sympas avec qui nous gardons contact. 


Nous passons par Coroico et La Paz pour nous rendre au Pérou !
Après 15 jours au même endroit, on est contentes de bouger à nouveau !! Enfin ça c’est ce qu’on pensait ! Après une nuit à La Paz, nous allons au terminal de bus pour rejoindre Copacabana. Une fois dans le bus, nous vérifions que nous avons nos papiers de sortie de territoire et là nous nous rendons compte que nous n’avons pas 3 mais seulement 2 passeports ! La réceptionniste de la veille ne nous a pas rendu le passeport après l’avoir scanné. Me voilà donc en train de sprinter jusqu’à l’auberge (qui heureusement n’est pas loin), je reviens au bus avec mon passeport mais à bout de souffle (merci l’altitude) !
Arrivées à Copacabana, nous rejoignons un deuxième bus pour nous rendre à Puno au Pérou. Et là surprise, les mineurs font grève et du coup la route est bloquée, nous sommes obligées de passer deux nuits à Copacabana ! Nous sommes ravies !

Mais c'est pas fini!!!
Arrivées à la frontière Bolivie/Pérou, alors que Mae a son tampon de sortie sans problème, les dates d'entrées sur le territoire Bolivien de Célia et moi son vérifiées. Au lieu de nous donner 90 jours de séjour touristique à notre arrivée, ils nous ont donné 30 jours à renouveler à La Paz gratuitement. Nous ne le savions pas et avons dépassé de 16 jours notre visa. Les gardes frontières nous demandent donc de payer 20 bolivianos par jour soit 320 bolivianos chacune (50 euros)!!! Bien sûr, nous avons liquidé tous nos bolivianos avant de partir pour le Pérou et il n'y a pas de distributeur sur place. On doit retourner à Copacabana et le chauffeur du bus nous annonce qu'il ne nous attendra pas!!! Nous sommes à bout de nerf, prêtes à pleurer à la prochaine réflexion et à hurler sur les gardes frontières qui n'en ont rien à faire... Heureusement, Mae, telle une héroïne, court prendre un taxi pour aller retirer de l'argent côté Pérou (sans son tampon d'entrée dans le pays). Elle revient à temps pour payer l'amende et passer enfin à la frontière Péruvienne! Heureusement nous ne sommes pas les seules et le bus est encore là. Nous reprenons ensuite la route direction Puno, contentes de quitter la Bolivie!

Petite note d'humour noir en hommage à notre petit oiseau: Petit oiseau

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